La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


lundi 22 décembre 2014

Essebsi président, les Tunisiens dans la rue

La fête a commencé hier au soir dans le grand Tunis. Feux d’artifices improvisés sur les toits, aux ronds-points de certaines villes, une fanfare de klaxons a ponctué la nuit au Lac, siège du QG de Nidaa Tounes, à huit kilomètres de Tunis. Des milliers de sympathisants ont célébré "Bajbouj", le surnom de BCE. Ce matin, dans les cafés, on ne parlait que de cela. De la victoire de BCE annoncée quasi simultanément par les trois instituts de sondages (3C, Sigma conseil, Emrhod). Les plus fervents partisans du patriarche ("notre grand père à tous" disait hier affectueusement un serveur au Kram) se félicitent de la défaite des islamistes aux législatives et de celle de Moncef Marzouki qui fut trois années durant le président provisoire de la république.
Une autre partie qui a voté BCE sans engouement réel espère qu’il "va se mettre au travail tout de suite" et "qu’il va tenter de réunir tous les tunisiens" confie un cadre, la trentaine. Car le taux de participation plafonne à 60% selon l’Isie (l’Instance indépendante qui organise les élections). Une baisse de quatre points par rapport au 1er tour. Et de huit points quant aux législatives d’octobre. Le corps électoral compte 5,4 millions d’inscrits sur les listes électorales sur 8 millions en âge de voter. Trois millions de Tunisiens se sont rendus aux urnes ce jour de deuxième tour de présidentielle. Une faible participation pour un scrutin jugé "historique".
Le nouveau Président est élu avec un tiers des inscrits, un cinquième des adultes du pays. Un socle fragile pour quelqu’un qui devra affronter de très nombreux défis durant les cinq prochaines années, durée du mandat de l’exécutif et du législatif. Défi premier, la fracture géographique des résultats. Les centres urbains, les côtés ont voté BCE. Le sud, les régions intérieures ont coché Marzouki. Les sondages diffusés par les médias dimanche soir ont provoqué des débuts d’émeutes à El Hamma, à proximité de Gabès, dans le sud-ouest de la Tunisie. La crainte d’une contagion dans d’autres villes du sud, qui a voté en masse pour Moncef Marzouki, est réelle. Haythem Waderni, un journaliste présent à Gabes, note que "la situation ne se calme pas" et estime que "les jeunes qui ont manifesté n’accepteront pas le résultat". Pour l’heure, la police a quitté la ville. L’armée a pris position. A suivre.

(22-12-2014 - Avec Benoît Delmas)

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