La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


dimanche 21 décembre 2014

Les Tunisiens aux urnes pour une présidentielle historique

Les Tunisiens votent ce dimanche pour élire leur président, après une transition chaotique de quatre ans dans un pays où les tensions restent réelles. Les 5,3 millions d'électeurs ont le choix pour ce deuxième tour entre le président sortant Moncef Marzouki, 69 ans, et le favori du vote, Béji Caïd Essebsi, 88 ans et chef du parti anti-islamiste Nidaa Tounes, victorieux aux législatives d'octobre.
Des dizaines de milliers de militaires et de policiers ont été déployés pour assurer le bon déroulement du scrutin alors que la Tunisie a été confrontée à de multiples attaques, notamment le long de la frontière avec l'Algérie, attribuées à la mouvance djihadiste depuis la révolution de 2011. Un homme armé a été tué dans la nuit par des militaires après une tentative d'attaque.
L'incident intervient quelques jours après que des combattants tunisiens ayant rejoint le groupe État islamique ont revendiqué les assassinats des personnalités anti-islamistes Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi en 2013, qui avaient plongé la Tunisie dans une crise politique profonde. Ils ont aussi appelé au boycott du scrutin et brandi des menaces de nouvelles violences.
Les autorités se veulent néanmoins rassurantes sur le bon déroulement du vote. Les résultats pourraient être connus dès lundi soir, selon l'instance électorale, qui a jusqu'au 24 décembre pour annoncer l'identité du président pour les cinq prochaines années.
Le vainqueur deviendra le premier chef d'État tunisien élu démocratiquement depuis l'indépendance en 1956. Habib Bourguiba, le premier président, et Zine el-Abidine Ben Ali, renversé en 2011, avaient constamment eu recours à la fraude ou au plébiscite, et Marzouki avait été désigné à la faveur d'un accord politique avec les islamistes d'Ennahda.
Les journaux saluaient dès lors un jour historique, qui doit achever de doter le pays rescapé et berceau du "Printemps arabe" d'institutions pérennes après les législatives d'octobre déjà considérées comme libres par la communauté internationale. Pour le journal La Presse, ce dimanche "restera à jamais gravé dans la mémoire collective", et Le Temps appelle les Tunisiens à se rendre aux urnes pour ne pas rater "le train de l'Histoire".
La campagne a vu les deux finalistes s'affronter sur un ton acrimonieux agrémenté d'insultes. Moncef Marzouki s'est posé en défenseur de la révolution face au retour des tenants de l'ancien régime, accusant son adversaire de préparer des fraudes tout en l'égratignant sur son âge.
Caïd Essebsi, qui a servi Bourguiba comme Ben Ali avant d'assurer quelques mois la fonction de Premier ministre après la révolution, s'est posé en homme providentiel à même de réparer les dégâts causés par Ennahda, au pouvoir de 2012 à début 2014, et leur allié M. Marzouki. Il a qualifié son concurrent "d'extrémiste" et lui a prêté le soutien des djihadistes. "Le jeu démocratique nécessite que chacun de nous accepte le résultat du vote avec un esprit sportif", a cependant souligné après avoir voté M. Marzouki.
Les pouvoirs du président ont été largement limités dans la Constitution adoptée en janvier 2014 pour éviter un retour à l'autoritarisme. Quel que soit le résultat dimanche, c'est au parti de Caïd Essebsi de former le prochain gouvernement. Il devra rapidement s'atteler à constituer une coalition stable, Nidaa Tounes n'ayant pas de majorité absolue au Parlement.

(21-12-2014 - Avec les agences de presse)

Deux adresses pour vous inscrire à "Assawra",
la liste de diffusion du Mouvement démocratique arabe:

1 - Assawra3-subscribe@yahoogroupes.fr
ou
2 - as-sawra+subscribe@googlegroups.com