La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


lundi 30 novembre 2015

«Nous manifesterons pendant l'état d'urgence»


L’interdiction de manifester met en cause la liberté d'expression, d’opinion, et fait le jeu des ennemis de la démocratie et de la liberté.
Suite à la manifestation de solidarité avec les migrantEs de dimanche 22 novembre à Paris, 58 personnes ont été identifiées par la police. Il leur est reproché « la violation de l’arrêté d’interdiction de manifester ». Moins de 48H plus tard, des forces de police ont été mobilisées pour amener à leur domicile des convocations et mener les auditions. Les poursuites sont lancées.
Notre meilleure arme face aux terroristes et aux désordres du monde c'est de nous réunir, nous parler, nous rassembler et manifester nos opinions. Voilà ce que Daesh et d'autres veulent interdire. Voilà ce que nous défendons.
Nous déclarons que nous avons manifesté ou que nous manifesterons pendant l’état d’urgence.
Nous affirmons notre solidarité avec les 58 personnes poursuivies. Nous exigeons la levée immédiate de toute poursuite à leur égard ainsi que pour toutes celles et ceux qui seraient poursuivies pour le même motif.
Nous refusons toute criminalisation des mouvements sociaux.
Nous exigeons la levée des interdictions de manifester.
Si le gouvernement cherche, au travers des 58 convoquéEs à nous intimider, nous 58 signataires appelons à être 5800 puis 58 000. Nous ne cèderons pas sur nos libertés. C'est la meilleure façon de rendre hommage aux victimes, de soutenir ceux et celles qui fuient la misère, Daesh et la guerre, de construire la paix.

Les 58 :
Jean-Claude Amara, Clémentine Autain, Sihame Assbague, Jeanne Balibar, Ludivine Bantigny, Francine Bavay, Amal Bentounsi, Olivier Besancenot, Saïd Bouamama, Rony Brauman, Serge Coronado, Annick Coupé, Léon Crémieux, Laurence de Cock, Christine Delphy, Virginie Despentes, Rokhaya Diallo, Cédric Durand, Annie Ernaux, Jean-Baptiste Eyraud, Geneviève Fraisse, Dan Franck, Yves Frémion, Bernard Friot, Jacques Gaillot, Isabelle Garo, Dominique Grange, Kaddour Hadadi (HK), Eva Joly, Nicolas Jounin, Almamy Kanouté, Razmig Keucheyan, Pierre Khalfa, Stathis Kouvelakis, Olivier Lecour Grandmaison, Gilles Lemaire, Frédéric Lordon, Henri Maler, Noël Mamère, Christiane Marty, Xavier Matthieu, Saïmir Mile, Marie-José Mondzain, Gérard Mordillat, Olivier Neveux, Ugo Palheta, Willy Pelletier, Serge Pey, Christine Poupin, Michèle Riot-Sarcey, Julien Salingue, Francesca Solleville, Michelle Sibony, Omar Slaouti, Anzoumane Sissoko, Jacques Tardi, Marcel Trillat, Marina Vlady.

Accès à la Pétition:
https://www.change.org/p/fran%C3%A7ois-hollande-nous-manifesterons-pendant-l-%C3%A9tat-d-urgence?recruiter=437719170&utm_source=share_petition&utm_medium=copylink

Tunisie : un président "chef de parti"


Dimanche en début d'après-midi, la présidence a fait savoir que BCE s'exprimerait sur toutes les chaînes de télévision à 20 h 45. Six jours après l'attentat qui a tué douze membres de la garde présidentielle, six jours après l'entrée d'un couvre-feu drastique qui court de 21 heures à 5 heures dans le Grand Tunis (2,6 millions d'habitants répartis sur quatre gouvernorats), six jours après l'instauration de l'état d'urgence dans tout le pays pour une durée de trente jours, six jours enfin après que le terrorisme a frappé au cœur de la capitale, la parole présidentielle était attendue. Si la nouvelle Constitution a donné le pouvoir à l'Assemblée des représentants du peuple, le symbole de Carthage demeure puissant. Et c'est BCE qui au soir de l'acte revendiqué par Daech était intervenu pour annoncer la batterie de mesures sécuritaires. À 20 h 45, l'homme a surpris en évoquant la situation au sein de son ancien parti (il en a démissionné après sa victoire électorale, se devant d'être le président de tous les Tunisiens). La crise d'adolescence que vit Nidaa Tounes fragilise l'action politique depuis la rentrée. "La patrie avant le parti", a lancé, façon coup de semonces à l'égard des 32 députés frondeurs, le vieux briscard de la vie politique tunisienne. La scission en cours du bloc parlementaire a mobilisé toutes les ressources humaines au pouvoir, du président de l'ARP Mohamed Ennaceur au ministre-chef de cabinet d'Essebsi, Ridha Belhaj. Sans succès. Son intervention a duré 17 minutes. Onze ont été dédiées à Nidaa Tounes, cinq à la paix sociale, une minute quarante-sept au terrorisme.

Une paix sociale pour le Nobel de la paix
Le propos présidentiel a tenu en trois points : besoin d'un parti uni, nécessité d'une paix sociale (de grandes grèves étaient prévues faute d'un accord sur les salaires du secteur privé) entre l'Ugtt et l'Utica et ce afin de pouvoir lutter contre le terrorisme. La date du 10 décembre hante les esprits. À Oslo, on remettra le prix Nobel de la paix aux quatre organisations qui ont mené le dialogue national au deuxième semestre 2013 afin de mettre sur pieds un gouvernement de technocrates. Parmi le quatuor : le syndicat Ugtt et le patronat réuni sous le sigle Utica. Les deux partenaires se sont violemment heurtés lors des négociations salariales dans le secteur privé. Au point qu'un secrétaire-général adjoint de l'Ugtt évoque de faire Nobel à part depuis le 20 octobre, date du limogeage de Mohamed Salah Ben Aissa. L'intérim est effectué par le ministre de la Défense qui a fort à faire sur le front du terrorisme et de la frontière avec la Libye. Les discussions sont en cours avec les partis alliés (les islamistes d'Ennahda au premier rang, les libéraux d'Afek Tounes et l'UPL de l'homme d'affaires Slim Riahi). Un processus qui peut prendre du temps, il avait fallu plusieurs semaines à Habib Essid pour former son équipe. La Tunisie vit son septième jour d'état urgence. Et le Grand Tunis a connu sa sixième nuit de couvre-feu. Huit heures durant lesquelles tout déplacement est interdit. La mesure est appliquée avec fermeté. Des contrevenants ont été placés en garde à vue.


(30-11-2015 - Benoît Delmas)

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Fatima Mernissi, une lumière arabe s’est éteinte au Maroc


Elle s’est éteinte en silence, elle qui emplissait le monde de son rire, de son charisme et de la hardiesse de ses propos. La sociologue et écrivaine marocaine Fatima Mernissi est décédée, tôt, lundi 30 novembre, à Rabat. Une disparition regrettée par les nombreux amis et élèves de cette figure complexe, à la fois universitaire et militante féministe, et qui a inspiré des profils variés, de la journaliste américano-égyptienne Mona Eltahawy à la figure de proue du féminisme musulman, Amina Wadud.
Pour s’être saisie avec courage des grandes questions de société – féminisme, islam et modernité –, Fatima Mernissi était devenue, d’abord au Maghreb puis au-delà, une icône pour toute une génération d’intellectuels. « Je suis née en 1940 dans un harem à Fès, ville marocaine du IXe siècle, située à 5 000 km à l’ouest de La Mecque, et à 1 000 km au sud de Madrid, l’une des capitales des féroces chrétiens », écrit-elle en incipit de son best-seller Rêves de femmes, une enfance au harem (Albin Michel/Le Fennec, 1994, le Livre de Poche, 1998).
Cette œuvre résolument fictionnelle tisse les fils de la mémoire en évoquant une multitude de figures féminines hautes en couleur. Dans la lignée assumée des Mille et une nuits, Mernissi y mêle le récit, par moments autobiographique, et des réflexions sociologiques par la bouche d’une fillette découvrant sa place dans le monde et, surtout, les frontières (hûdûd) fixées par une société patriarcale. Originellement écrit en anglais, l’ouvrage est traduit en vingt-cinq langues. Rêves de femmes consacre la carrière originale d’une sociologue sortie des sentiers battus de l’université.

Au service de « la liberté, la création, l’amour »
Après des études de lettres à Rabat, elle décroche une bourse pour la Sorbonne puis obtient en 1974 un doctorat de sociologie à l’université américaine de Brandeis (Massachusetts). L’année suivante, elle tire de sa thèse une première publication, Beyond the Veil, qui s’impose rapidement aux Etats-Unis comme un classique des cultural studies. Sa thèse : les profondes entraves à la liberté des femmes dans les pays dits « islamiques » ne trouvent pas tant leur origine dans les sources scripturaires que dans des formes de contrôle théorisées dans un second temps de l’islam, notamment sous la dynastie des Omeyyades.
Mernissi retourne ensuite enseigner la sociologie à l’université Mohammed-V de Rabat. Elle y côtoie les principales figures de l’avant-garde intellectuelle, dont Abdelkébir Khatibi, qui la présente au poète Mohammed Bennis. « Elle a brillé bien au-delà de la sociologie, car elle a ouvert des fenêtres vers la culture arabe et islamique, témoigne le poète, ému de cette disparition. « Vous me l’apprenez », confie-t-il, au téléphone depuis la Chine, où il est en déplacement.
Fatima Mernissi aimait aussi courir le monde, de conférences en cérémonies. En 2003, l’intellectuelle reçoit le prix Prince des Asturies – le Nobel espagnol – que lui remet alors le prince Felipe, pas encore souverain. Cette large reconnaissance n’empêche pas des moments plus douloureux, une solitude parfois, qui semblent avoir été moteur dans son écriture et son engagement civique. La parution, en 1987, de son livre Le Harem politique (Albin Michel, 2010), l’expose à la vindicte des islamistes marocains et de certains oulémas. La sociologue y plaide, après avoir démontré qu’il a été falsifié, une réappropriation du message du prophète Mahomet, qu’elle oppose à la « misogynie » de son successeur, le calife Omar. « En tant que femme, Fatima a toujours bataillé pour revendiquer sa place dans la culture marocaine, et plus largement dans le référentiel arabo-musulman. Elle y a défendu la liberté, la création, l’amour », insiste Mohammed Bennis.
A partir des années 1990, Mernissi s’engage dans la vie associative au Maroc. L’écrivaine reconnue anime des ateliers d’écriture avec des amateurs, des militants des droits humains, d’anciens prisonniers des « années de plomb » marocaines (années 1960 à 1980), des journalistes. Tous se sentent aujourd’hui orphelins. Comme Fadma Aït Mous. Cette politologue a été la dernière à l’interroger longuement pour son ouvrage cosigné avec Driss Ksikes, Le Métier d’intellectuel. Un recueil de dialogues avec quinze penseurs du Maroc qui a reçu le prix Grand Atlas le 20 novembre, à Rabat. « J’ai rencontré Fatima en 2008, se souvient Fadma Aït Mous. A moi qui voulais l’interviewer, elle m’a orienté vers mes origines. Par son humilité, elle incarne la générosité, la curiosité intellectuelle, la joie de vivre et la capacité de s’émerveiller au quotidien des petits fourmillements de la vie sociale. »
Le legs de Fatima Mernissi paraît immense. Fadma Aït Mous en retient « une grande maîtrise du patrimoine musulman, un travail étymologique minutieux où elle décèle des formes de modernité et dans lequel elle puise l’essence d’un islam cosmique, remède contre la peur et les cloisonnements territoriaux des temps présents ».

(30-11-2015 - Par Youssef Ait Akdim)


Bibliographie

Sexe, Idéologie, Islam, Éditions Maghrébines, 1985 Le Fennec
Al Jins Ka Handasa Ijtima'iya, Éditions Le Fennec, Casablanca 1987
Le monde n'est pas un harem, édition révisée, Albin Michel, 1991
Sultanes oubliées : femmes chefs d'État en Islam, Albin Michel / Éditions Le Fennec, 1990
Le harem politique : le Prophète et les femmes, Albin Michel, 1987, Paperback 1992
La Peur-Modernité : conflit islam démocratie, Albin Michel / Éditions Le Fennec, 1992
Nissa' 'Ala Ajnihati al-Hulmt, Éditions Le Fennec, Casablanca, 1998
Rêves de femmes : une enfance au harem, Éditions Le Fennec, Casablanca 1997 - Éd. Albin Michel Nov. 1998
Les Aït-Débrouille, Éditions Le Fennec, Casablanca, 1997 (2e édition, Édition de poche, Marsam, Rabat, 2003)
Êtes-vous vacciné contre le harem ?, Texte-Test pour les messieurs qui adorent les dames, Éditions Le Fennec, Casablanca, 1998
Le Harem et l'Occident, Albin Michel, 2001
Les Sindbads marocains, Voyage dans le Maroc civique, Éditions Marsam, Rabat, 2004


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Décès de la sociologue marocaine Fatima Mernissi


La sociologue et écrivaine marocaine Fatema Mernissi est décédée ce matin à Rabat à l’âge de 75 ans.
Écrivaine, sociologue mondialement reconnue pour ses oeuvres, Fatema Mernissi a dénoncé le patriarcat dans la culture musulmane. Elle a également mené de longs combats pour la cause féminine avec la création d’abord des « Caravanes civiques » puis ensuite le collectif « Femmes, familles, enfants ».
Parmi ses livres, on peut citer « Sexe, Idéologie, Islam » publié en 1985, "Le monde n’est pas un harem", "Sultanes oubliées : femmes chefs d’État en Islam", ou encore "Le harem politique : le Prophète et les femmes".
Fatema Mernissi a reçu en mai 2003 le prix Princesse des Asturies en littérature.
En 2013, elle était la seule Marocaine à figurer dans le classement des 100 femmes les plus influentes du monde arabe, réalisé par le magazine Arabian Business.


(30-11-2015 - Avec les agences de presse)

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L'Arabie saoudite passée au crible


Les tragiques attentats de Paris ont délié les langues au sujet du plus grand allié de la France au Moyen-Orient. Depuis le 13 novembre 2015, l'Arabie saoudite est ouvertement accusée d'un double jeu à l'égard de l'islamisme radical. Grand spécialiste de l'islam politique dans la région, Stéphane Lacroix, chercheur au Ceri-Sciences Po, a passé plusieurs années dans le royaume. Il décrypte les liens entre politique et religieux au royaume des saintes mosquées.
(Propos recueillis par Armin Arefi)

L'Arabie saoudite a-t-elle joué un rôle dans l'essor de l'islam radical ?
L'Arabie Saoudite est un État par nature fondamentalement prosélyte dont l'islam officiel est missionnaire et puritain. Pour le comprendre, il faut revenir au pacte fondateur du royaume conclu au XVIIIe siècle entre le prédicateur rigoriste Mohammed ben Abdelwahhab et la famille Al Saoud. Les oulémas (théologiens) légitiment le pouvoir politique des princes et leur accordent une large marge de manœuvre en ne s'immisçant pas dans leurs décisions, notamment concernant la politique étrangère. En échange, les religieux font appliquer l'islam salafiste (version ultra-rigoriste de l'islam) dans la société saoudienne, seul garant, selon eux, de la moralité sociale. Et le bras d'application de cette norme salafiste est la police religieuse. À l'étranger, les oulémas se voient accorder les moyens de faire de la prédication (da'wa), c'est-à-dire d'exporter leur vision de l'islam.

Quel est le rôle exact du royaume dans l'expansion du salafisme dans le monde ?
En échange du pouvoir politique laissé aux princes saoudiens, les oulémas s'emploient à diffuser leur message religieux dans le monde. Cela se traduit, dès le début des années 1960, par la création de la Ligue islamique mondiale, de l'Université islamique de Médine, et de toute une série d'ONG financées par le pouvoir saoudien dont la mission est de faire de l'humanitaire, mais aussi du prosélytisme.

Ce salafisme peut-il virer au djihadisme ?
Rarement. Si le salafisme tel que le comprennent les Saoudiens (retour à l'islam des origines, NDLR) est un islam missionnaire, puritain et ultra-rigoriste, il est dépourvu de tout versant politique, à la différence du djihadisme (qui prône le recours aux actions violentes, NDLR). D'ailleurs, le grand mufti (religieux, NDLR) d'Arabie saoudite a souligné que les « attentats-suicides étaient contraires à l'islam », et les cheikhs (sages) saoudiens produisent depuis des années des ouvrages contre Al-Qaïda et Daech.

Mais ce prosélytisme n'a-t-il pas contribué à radicaliser le monde musulman ?
Ce prosélytisme a affecté la pratique de l'islam dans le monde sunnite en le rendant de plus en plus conservateur. En Occident, il a produit une communauté ultra-rigoriste, cherchant à reconstruire une société idéale, de l'entre-soi. Ainsi, on peut s'inquiéter en France du problème sociétal que pose la croissance de cet islam puritain, d'autant que certains de ses partisans peuvent, en raison de certaines de leurs pratiques, entrer en conflit avec les lois républicaines. Mais il ne faut pas tout mélanger. Salafisme n'est pas synonyme de djihadisme.

N'existe-t-il pas des liens entre ces deux mouvances ?
Il peut exister des passerelles à la marge, mais la porosité est limitée par les cheikhs qui structurent les communautés salafistes. Le salafisme n'est pas révolutionnaire et n'attire pas le même public que le djihadisme. Il suffit, pour s'en convaincre, de regarder le parcours des terroristes des récentes attaques, qui ne fréquentaient pas les milieux salafistes. Au contraire, le djihadisme est un islamisme révolutionnaire, inspiré au départ de l'Égyptien Sayyid Qutb (idéologue radical issu des Frères musulmans, qui s'en sont ensuite démarqués, NDLR), pour qui il n'existait qu'une seule solution face à un pouvoir impie : l'action révolutionnaire et parfois violente. Certes, surtout à partir des années 1990, les djihadistes vont reformuler les idées de Qutb à partir de certains concepts salafistes, mais avec une lecture totalement différente. Aujourd'hui, en se focalisant sur les milieux salafistes (qui ont subi de nombreuses perquisitions dans le cadre de l'état d'urgence, NDLR), la police française s'en prend à des personnes qui n'ont pas de lien avéré avec la mouvance djihadiste. Et traiter des salafistes comme des terroristes, c'est ajouter à l'impression que l'on stigmatise les musulmans, ce qui fait précisément le jeu de Daech.

Au-delà du wahhabisme, quel est le rôle de l'Arabie saoudite dans le financement de groupes djihadistes ?
Les princes saoudiens ne soutiennent plus les islamistes comme ils ont pu le faire jusqu'aux années 1990. Ils en ont même aujourd'hui une peur bleue, car ce sont les seuls à représenter un modèle concurrent aux Saoud, et donc à pouvoir déstabiliser la monarchie. L'Arabie saoudite est fondamentalement antirévolutionnaire. Au cours du Printemps arabe, elle a surtout soutenu le statu quo : l'ancien président tunisien Ben Ali à qui elle a accordé l'asile, ainsi que le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi... L'exception est la Syrie, mais c'est seulement parce que derrière Bachar el-Assad se trouve le rival iranien.

Justement, le royaume Saoud ne soutient-il pas des mouvements djihadistes contre le président syrien ?
Il est important de faire la part des choses. Depuis 2011, l'Arabie saoudite a surtout soutenu l'Armée syrienne libre (rebelles laïques, NDLR) en Syrie et elle reste aujourd'hui un de ses principaux financiers. En effet, les Saoudiens préfèrent des acteurs non idéologiques à des mouvements religieux qui seraient leur concurrent sur le plan politique.

Il se dit pourtant que Riyad finance, aux côtés du Qatar et de la Turquie, l'« Armée de la conquête », une coalition rebelle islamiste…
L'Armée syrienne libre étant frappée par les divisions, les Saoudiens se sont aujourd'hui partiellement reportés sur des islamistes « nationalistes » (qui n'agissent pas au nom du djihad global) pour des raisons d'efficacité militaire. Ce changement date surtout de janvier 2015 et l'arrivée sur le trône du roi Salman, moins anti-islamiste que son prédécesseur Abdallah.

Des fonds privés saoudiens ne financent-ils pas les groupes djihadistes en Syrie ?
En parallèle des financements étatiques, des oulémas n'appartenant pas à l'establishment officiel se sont rangés derrière des groupes politiques salafistes. Dès le début du conflit, ces religieux ont soutenu en Syrie le groupe Ahrar el Sham et le front Al-Nosra (branche syrienne d'Al-Qaïda). Mais pour la plupart d'entre eux, ils ne soutiennent pas Daech. L'organisation État islamique est détestée d'eux, car elle prétend au leadership sur l'islam tout entier, ce qui est inacceptable pour ses concurrents.

Comment expliquer que des oulémas saoudiens continuent à soutenir des groupes djihadistes en Syrie ?
La bicéphalité du pouvoir – la cohabitation du religieux et du politique – en Arabie saoudite crée un espace intermédiaire qu'investissent des oulémas islamistes beaucoup plus politisés, d'autant plus que toute contestation en Arabie saoudite s'organise autour de l'islam. Ces derniers sont populaires : plusieurs d'entre eux ont des millions de followers sur Twitter.

Pourquoi le pouvoir saoudien ne fait-il rien, d'autant que ces djihadistes menacent à terme la monarchie al-Saoud ?
Le pouvoir saoudien se méfie de ces oulémas islamistes, dont certains ont mené la contestation contre le régime dans les années 1990. Mais il ne peut se permettre de les envoyer en prison, le coût étant trop élevé en interne. Là encore, la politique intérieure a des effets réels sur la politique étrangère.

D'une certaine manière, l'Arabie saoudite ne joue-t-elle pas un double jeu ?
Les Saoudiens ont péché de deux manières. D'une part, par leur incapacité, si ce n'est leur manque de volonté, à contrôler les réseaux privés, sous peine de bouleverser l'équilibre interne de la monarchie et de la déstabiliser. De l'autre, par leur obsession anti-iranienne qui fait que l'Iran est aujourd'hui hissé au rang de priorité pour le royaume, devant Daech, qui n'arrive qu'en seconde position. Voilà pourquoi la majorité des ressources militaires et financières saoudiennes sont aujourd'hui dirigées vers le Yémen (où l'Arabie saoudite est en guerre contre les miliciens chiites houthis, soutenus par l'Iran), au détriment de l'Irak et de la Syrie.


(30-11-2015 )

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Syrie: les Emirats prêts à contribuer à une force terrestre contre l'EI

Les Emirats arabes unis sont prêts à participer à une force terrestre pour combattre le groupe Etat islamique (EI) en Syrie, a annoncé un ministre en louant les frappes russes contre les jihadistes qualifiés d'"ennemi commun".
Toute intervention militaire en Syrie "complique la situation, qu'elle vienne de la Russie ou d'une autre partie", a déclaré le ministre d'Etat émirati aux Affaires étrangères Anwar Gargash, cité lundi par l'agence officielle Wam qui relatait une discussion entre ce haut responsable et des journalistes sur la Syrie.
Mais M. Gargash a ajouté que son pays, membre de la coalition internationale anti-EI dirigée par Washington, "est prêt à participer à tout effort international nécessitant une intervention terrestre pour combattre le terrorisme".
"Les pays de la région doivent supporter une part du fardeau. Et il n'y a pas lieu d'avoir une intervention étrangère comme celle des Américains pour libérer le Koweït", a ajouté le ministre émirati.
Il se reférait à la coalition internationale qui, sous la conduite des Etats-Unis, avait libéré le Koweït en février 1991 après sept mois d'occupation irakienne.
Les Emirats ont été parmi les premiers pays en septembre 2014 à participer à la campagne aérienne contre l'EI en Syrie.
"Personne ne va s'inquiéter du bombardement russe de Daech (acronyme arabe de l'EI) ou d'Al-Qaïda, car ce bombardement vise un ennemi commun", a dit M. Gargash, dont le pays est aussi l'un des piliers de la coalition arabe intervenue en mars au Yémen contre des rebelles chiites accusés de liens avec l'Iran.
Il s'agit d'une des rares réactions arabes à l'opération lancée fin septembre par la Russie contre les jihadistes de l'EI en Syrie. L'Egypte était le premier pays à saluer cette intervention.
La Russie, intervenue dans le conflit pour venir en aide au régime de Bachar al-Assad, affirme viser l'EI et d'autres groupes "terroristes", c'est-à-dire opposés au pouvoir.
Mais les Occidentaux et des opposants accusent Moscou de concentrer ses bombardements sur des rebelles qualifiés de "modérés".
Dimanche, deux sénateurs américains ont plaidé pour l'envoi de 100.000 soldats étrangers, en majorité de pays sunnites mais aussi Américains, pour combattre l'EI en Syrie.
"Il faudrait 100.000 soldats au total" pour combattre l'EI, a déclaré à des journalistes John McCain, président du Comité des forces armées du Sénat américain, lors d'une visite à Bagdad.
Le Premier ministre irakien Haider al-Abadi a pour sa part assuré lundi que son pays avait les effectifs suffisants pour battre l'EI.


(30-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Fabius ouvre la porte à un soutien à l'armée syrienne si Assad s'en va

Collaborer avec l'armée syrienne pour combattre l'État islamique (EI), mais à une condition : que l'actuel président Bachar el-Assad ne soit plus aux commandes. C'est ce qu'a annoncé le chef de la diplomatie française Laurent Fabius.
"Si on arrive à une transition politique et que ce n'est plus Bachar qui dirige l'armée syrienne, il peut y avoir des actions communes contre le terrorisme. Mais sous M. Bachar ce n'est pas possible", a déclaré Laurent Fabius sur la radio France Inter, interrogé au Bourget où se déroule la conférence climat. "Il est évident que ce n'est pas sous la maîtrise de M. Assad que l'armée pourrait être engagée aux côtés de l'opposition modérée", a-t-il insisté.

Pas de rencontre Poutine-Erdogan en marge du sommet sur le climat à Paris
Aucune rencontre n'est prévue à Paris entre le président russe Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan malgré la demande d'entretien "en face à face" du dirigeant turc, a annoncé lundi le Kremlin.
"Aucune rencontre n'est prévue" entre les deux hommes, a déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes.
Le président turc avait exprimé vendredi son souhait de rencontrer "en face à face" Vladimir Poutine au sommet sur le climat de Paris alors que les deux pays traversent une grave crise diplomatique après le crash d'un bombardier russe abattu au-dessus de la frontière syrienne par l'aviation turque.
Furieuse, la Russie accuse depuis l'incident la Turquie d'avoir partie liée avec l'organisation jihadiste Etat islamique et exige des excuses, que le président turc a d'ores et déjà écartées.
Moscou a par ailleurs adopté samedi un ensemble de sanctions économiques contre la Turquie: interdiction pour les employeurs russes d'embaucher des travailleurs turcs, interdiction des importations de certaines marchandises turques ou limitation, pour les "organisations sous juridiction turque", de leurs activités en Russie.
Le Kremlin a en revanche dit qu'il y aurait "vraisemblablement" des discussions "dans les couloirs" du sommet entre M. Poutine et le président américain Barack Obama.
Cette possible rencontre informelle interviendrait après le marathon diplomatique la semaine dernière de François Hollande pour bâtir, pour l'heure sans succès, une grande coalition anti-Etat islamique. L'initiative du chef de l'Etat français bute notamment contre les divergences russo-américaines.


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Deux Israéliens reconnus coupables du meurtre d'un Palestinien brûlé vif

Un tribunal de Jérusalem a déclaré lundi deux israéliens coupables d'avoir enlevé et brûlé vif un adolescent palestinien en 2014, un meurtre qui avait contribué à l'escalade des violences menant à la guerre de Gaza.
Le tribunal a suspendu son jugement contre un troisième homme, le meneur du groupe, dans l'attente de l'examen de son état mental.
Dans son jugement, le tribunal dit que les trois accusés, un adulte et deux mineurs, ont bien enlevé et assassiné Mohammad Abou Khdeir en juillet 2014. Mais il ne prononce pas encore de peine et dit que, dans le cas de l'adulte, il devra déterminer s'il est ou pas pénalement responsable.
Les juges se prononceront le 20 décembre sur cette question. Les avocats de cet adulte, Yosef Haim Ben David, qui passe pour l'instigateur et le principal exécutant du crime, plaident son état mental pour affirmer qu'il est pénalement irresponsable. Ils ont produit un document à l'appui de leurs dires il y a quelques jours seulement, a indiqué le tribunal, ce qui explique ce coup de théâtre de dernière minute.
Les juges prononceront les peines le 13 janvier, au moins dans le cas des deux mineurs, a dit le tribunal.
Yosef Haim Ben David, habitant juif d'une colonie proche de Jérusalem, avait expliqué aux enquêteurs après son arrestation qu'ils cherchaient à venger l'enlèvement et l'assassinat, trois semaines plus tôt, de trois adolescents israéliens par des Palestiniens en Cisjordanie occupée.
L'assassinat de Mohammad Abou Khdeir avait contribué à attisé les violences entre Palestiniens et Israéliens qui avaient débouché sur la guerre dans la bande de Gaza en juillet et août 2014.


(30-11-2015 - Avec les agences de presse)

"Non au terrorisme d’État d’Israël" :
http://www.petitions24.net/non_au_terrorisme_de_letat_disrael

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Véritable état d'urgence


"En France, les Restos du Coeur vont distribuer au moins 128 millions de repas jusqu'en mars à près d'un million de personnes démunies"
"les enfoirés !"
"...!?"

Al Faraby
Lundi, 30 novembre 2015

"Le rempart contre la barbarie, c'est le lien humain. L'engagement associatif en fait partie", martèle 
Olivier Berthe, le président.

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dimanche 29 novembre 2015

Syrie: Le président Assad accuse ses adversaires de soutenir davantage "les terroristes"


Le président syrien Bachar al-Assad a accusé dimanche sans les nommer "des pays hostiles à la Syrie" d'avoir renforcé leur soutien aux "terroristes" en réaction à l'offensive menée par les forces loyales au régime avec l'aide de l'Iran et de la Russie.
Sur le terrain, au moins 18 civils ont été tués dimanche et plus de 40 blessés dans des frappes "probablement russes" sur la ville d'Ariha, dans le nord-ouest de la Syrie, a indiqué l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).
Cette ville se trouve dans la province d'Idleb, contrôlée par des rebelles regroupés dans la coalition "Armée de la conquête" qui comprend entre autres la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra. Le régime syrien désigne ces rebelles comme des "terroristes" et tente de regagner du terrain contre eux.
Dans ce contexte, le président Assad s'est félicité, en accueillant Ali Akbar Velayati, le conseiller pour les affaires internationales du guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, des "réalisations importantes de l'armée (...) dans la lutte contre le terrorisme, avec l'appui des amis et à leur tête l'Iran et la Russie", a rapporté l'agence syrienne Sana.
Ces "réalisations" ont "poussé certains pays hostiles à la Syrie et qui prétendent combattre le terrorisme, à (...) revoir à la hausse le financement et l'armement des groupes terroristes", a ajouté M. Assad.
L'Armée de la Conquête est financée, selon des experts, par des pays du Golfe.
Samedi, Damas avait accusé la Turquie d'avoir augmenté "son soutien aux terroristes, ainsi que les livraisons d'armes et munitions".
Le régime syrien, ainsi que l'Iran, son principal allié régional, considèrent pêle-mêle comme "terroristes" les rebelles modérés et les jihadistes du groupe État islamique (EI).
M. Velayati a réitéré de son côté la "détermination" de Téhéran à "poursuivre son soutien au gouvernement et au peuple syriens".
Le président Assad compte aussi sur le soutien de la Russie qui mène depuis le 30 septembre des bombardements aériens en Syrie affirmant cibler l'EI. Des groupes rebelles syriens accusent Moscou de viser des combattants de l'opposition plutôt que l'EI.
Dimanche, le corps du pilote d'un bombardier russe abattu mardi par l'aviation turque a été ramené de Syrie en Turquie où il sera remis à un représentant russe, a annoncé Ankara alors que les relations entre les deux pays sont au plus bas.
En plus de la Russie, l'EI est visé depuis 2014 par des frappes d'une coalition internationale menée par les États-Unis, qui n'est pas parvenu à le neutraliser mais qui a permis aux forces kurdes de le chasser de certaines zones.
Le président français François Hollande tente d'élargir cette coalition depuis que l'EI a revendiqué les attentats de Paris qui ont fait 130 morts.
Si l'Allemagne a annoncé dimanche qu'elle comptait déployer quelque 1.200 militaires pour aider la France dans cette lutte, les Espagnols sont davantage divisés sur la question selon des sondages et Madrid temporise.
Le gouvernement de David Cameron a de son côté intensifié ses efforts dimanche pour obtenir un consensus autour de l'extension à la Syrie des frappes britanniques contre l'EI dans l'espoir d'un vote au Parlement la semaine prochaine.
Le groupe jihadiste qui sème la terreur dans les régions qu'il contrôle, a exécuté 3.591 personnes en Syrie, dont plus de la moitié étaient des civils, depuis qu'il a proclamé un "califat" islamique en juin 2014, à cheval entre la Syrie et l'Irak, a rapporté dimanche l'OSDH.
Depuis 2011, le conflit syrien a fait plus de 250.000 morts. La moitié de la population a dû fuir son foyer, plus de quatre millions ayant fui à l'étranger, selon l'ONU.


(29-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Liban : la libération des militaires enlevés par des jihadistes retardée


Des "obstacles" de dernière minute ont retardé dimanche la libération des militaires et policiers libanais enlevés il y a plus d'un an par la branche syrienne d'Al-Qaïda, le Front Al-Nosra, au Liban. C'est ce qu'a indiqué, dimanche, une source des services de sécurité à l'AFP. Plusieurs convois des services de sécurité ont été aperçus depuis la matinée dans la localité libanaise d'Arsal, frontalière de la Syrie, au moment où plusieurs médias faisaient état d'un échange imminent de militaires et policiers enlevés contre des prisonniers.
"Des obstacles de dernière minute ont retardé la libération des militaires libanais, le Front Al-Nosra ayant ajouté de nouvelles conditions", a indiqué la source sous couvert de l'anonymat, précisant que les services de sécurité libanais n'avaient pas encore donné de réponse définitive quant aux nouvelles exigences du groupe jihadiste. En août 2014, des jihadistes s'étaient brièvement emparés de la localité d'Arsal en lançant une attaque depuis le côté syrien de cette zone frontalière poreuse, prenant en otage des dizaines de membres des forces libanaises de sécurité. Depuis, quatre ont été exécutés et 25 autres policiers et soldats sont toujours aux mains des jihadistes, 16 aux mains du Front al-Nosra et 9 détenus par le groupe Etat islamique (EI).

Échange de prisonniers
Selon des sources des services de sécurité, l'arrangement trouvé avec Al-Nosra prévoit la libération des 16 militaires contre des membres des familles ou proches des jihadistes emprisonnés, dont Saja al-Doulaimi, ex-femme du chef de l'EI Abou Bakr al-Baghdadi et Ola al-Okaili, l'épouse d'Abou Ali al-Chichani, un commandant du Front al-Nosra qui a rejoint l'EI. L'arrestation des deux femmes par la sécurité libanaise avait été annoncée début décembre 2014.
Selon la même source sécuritaire, l'échange s'est heurté à de nouvelles demandes du Front Al-Nosra qui réclame désormais la libération d'autres prisonniers qui n'étaient pas inscrits sur la liste initiale. En raison de cette affaire, le chef du gouvernement libanais Tammam Salam, a annoncé l'annulation de son voyage lundi à Paris pour participer à la conférence de l'ONU sur le climat, la COP21.


(29-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Le 29 novembre

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"La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien est célébrée tous les ans par l’Organisation des Nations Unies le 29 novembre"
"pourquoi?"
"c'est ce qui est prévu par les résolutions 32/40 B du 2 décembre 1977, 34/65 D du 12 décembre 1979, 60/37 du 1er décembre 2005"
"eeuuhh..."
"quoi?"
"faut prévoir une nouvelle résolution"
"...!?"

Al Faraby
Dimanche, 29 novembre 2015

La date du 29 novembre a été retenue en raison de sa signification particulière pour le peuple palestinien. Ce jour-là en effet, l’Assemblée générale a adopté, en 1947, la résolution 181 (II), connue par la suite sous le nom de résolution sur le plan de partage, qui prévoyait la création en Palestine d’un « État juif » et d’un « État arabe », Jérusalem étant placée sous un régime international spécial comme corpus separatum.


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Jérusalem : nouvelles attaques au couteau, fermeture de radios palestiniennes


Les attaques au couteau se poursuivent. Un garde-frontière israélien a été grièvement blessé au cou dimanche à Jérusalem. Son agresseur, un Palestinien de 38 ans originaire de Naplouse dans le nord de la Cisjordanie, a été tué par d'autres gardes-frontières après qu'il a commis son acte en criant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand).
Depuis le 1er octobre, 99 Palestiniens et 1 Arabe israélien ont été tués – et 17 du côté israélien, ainsi qu'un Américain et un Érythréen, selon un décompte de l'AFP. Une majorité des Palestiniens tués l'ont été en tentant ou en menant des attaques.

Fermeture de plusieurs radios palestiniennes
Peu auparavant, l'armée israélienne a fermé dans la nuit de samedi à dimanche une troisième station de radio palestinienne en un mois à Hébron, ville du sud de la Cisjordanie au centre des violences qui frappent Israël et les Territoires palestiniens depuis le 1er octobre. Les forces militaires "ont confisqué le matériel de diffusion de la station radio surnommée Dream qui a diffusé des programmes en vue de promouvoir et d'encourager le terrorisme contre des civils et les forces de sécurité israéliennes", a précisé une porte-parole militaire. Le propriétaire de la station, Talab Jabari, a précisé que les soldats avaient "saisi tout le matériel et provoqué d'importants dégâts dans la station". Il a également indiqué qu'il avait reçu un ordre écrit de fermeture pour une période de six mois.
Deux autres stations de radio privées palestiniennes à Hébron, Al-Khalil et Al-Hourriya, accusées elles aussi d'encourager les violences, ont été fermées en novembre par l'armée israélienne. Deux autres radios palestiniennes, dont une émet depuis Hébron, ont affirmé samedi avoir été menacées de fermeture par Israël qui les accuse d'"inciter à la violence" contre ses troupes. Tareq Souitan, directeur de Radio Nass, qui émet depuis la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, a indiqué avoir reçu une notification écrite. "La lettre (...) nous menace de fermeture et de saisie de notre matériel si nous continuons à inciter à la violence" contre l'armée israélienne selon les termes employés dans la missive, a-t-il expliqué. "Nous ne faisons que diffuser des informations et des chansons nationalistes qui passent également sur d'autres radios palestiniennes", a-t-il encore dit. Une autre radio, On FM, qui émet depuis Hébron a également affirmé avoir reçu cette notification.

Israël accuse les médias palestiniens "d'incitation à la violence"
Ces fermetures et les nouvelles menaces "sont la preuve qu'Israël planifie une escalade", a affirmé Mahmoud Khalifa, haut cadre du ministère palestinien de l'Information. Le ministre israélien de l'Énergie Youval Steinitz, un proche du chef du gouvernement Benjamin Netanyahu, a également préconisé jeudi la fermeture de la télévision et de la radio publiques palestiniennes qu'il a accusées "d'incitations à la violence". Les Territoires palestiniens comptent près de 90 stations de radio locales, en Cisjordanie occupée et dans la bande de Gaza, ainsi que 18 chaînes de télévision. La plupart de ces médias couvrent depuis le 1er octobre, souvent en direct, les affrontements qui opposent régulièrement jeunes lanceurs de pierres palestiniens et soldats israéliens, et diffusent des chants patriotiques entre les bulletins d'information.
Par ailleurs, le Fatah, le parti du président palestinien Mahmoud Abbas a décidé de reporter son congrès, qui était initialement prévu dimanche "en raison des circonstances actuelles", annoncé le mouvement.


(29-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Israël: Imposante manifestation contre l'interdiction de la "branche nord" du Mouvement islamique


Des milliers d'Arabes Israéliens ont défilé samedi à Oum el-Fahem dans le nord d'Israël pour dénoncer l'interdiction d'une organisation islamique accusée par le gouvernement de Benjamin Netanyahu d'incitation à la violence.
Sous une nuée de drapeaux palestiniens, ces descendants de Palestiniens restés sur leur terre à la création d'Israël en 1948, ont crié "Nous ne sommes pas des terroristes", "Nous sommes plus forts que l'interdiction", avant d'être harangués par des représentants de la minorité arabe d'Israël, dont des députés du Parlement israélien.
Le 17 novembre, Israël a interdit la "branche nord" du Mouvement islamique et son réseau d'associations, en accusant l'organisation d'inciter les Arabes israéliens et les Palestiniens à la violence en propageant des "mensonges" au sujet de l'esplanade des Mosquées à Jérusalem.
Devant les manifestants à Oum el-Fahem, le chef du groupe Raëd Salah, a dénoncé cette interdiction comme une mesure "terroriste".
"Qui est le terroriste? Moi je dis que c'est le racisme d'Israël, celui qui a fermé des associations qui venaient en aide à 23.000 orphelins désormais abandonnés à leur faim", a-t-il dit.
M. Salah a affirmé que ces associations fournissaient des services à un demi million d'Arabes Israéliens, sur une population de 1,4 million (17,5% de la population israélienne).
"Des services que l'Etat devrait fournir à tous ses citoyens", a dénoncé Mohamed Baraké, qui dirige le Haut comité de suivi regroupant les principales organisations représentant la communauté arabe israélienne qui se plaint de longue date de discriminations.
Depuis sa fondation au début des années 1970, le Mouvement islamique en Israël a tissé un réseau d'associations -religieuses, sportives ou éducatives - et de services sociaux parmi les Arabes Israéliens.
Mais ce mouvement s'est scindé en 1996 en deux entités distinctes, dont une seule, la "branche sud" du mouvement, participe aux institutions israéliennes.
M. Salah a récemment été condamné à 11 mois de prison ferme pour avoir appelé en 2007 "tout musulman et Arabe à venir en aide aux Palestiniens et à lancer une intifada islamique" pour l'esplanade des Mosquées, lieu sacré pour les musulmans et les juifs.
Son mouvement a fait de ce site son cheval de bataille, mobilisant notamment dans la Vieille ville de Jérusalem, d'où est partie la vague de violence qui depuis début octobre a coûté la vie à 98 Palestiniens, à un Arabe israélien, à 17 morts côté israélien, ainsi qu'à un Américain et à un Erythréen.
Le mouvement a été interdit alors que le gouvernement Netanyahu s'est dit déterminé à durcir la répression pour mettre fin à la flambée des violences.


(29-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Jérusalem: attaque au couteau, un policier israélien blessé, l'assaillant tué

Un garde-frontière israélien a été grièvement blessé dimanche matin à coups de couteau à la porte de Damas dans la vieille ville de Jérusalem et son agresseur a été tué, a annoncé la police.
Le garde-frontière a été évacué vers un hôpital. Son agresseur a été tué par d'autres garde-frontières qui ont ouvert le feu dans sa direction, a ajouté la police. Depuis le 1er octobre, 99 Palestiniens ont été tués - dont un Arabe israélien - et 17 du côté israélien, ainsi qu'un Américain et un Erythréen, selon un décompte de l'AFP.
Peu auparavant, l'armée israélienne a fermé durant la nuit de samedi à dimanche une troisième station de radio palestinienne en un mois à Hébron, en Cisjordanie occupée, a indiqué une porte-parole militaire.
Les forces militaires "ont confisqué le matériel de diffusion de la station radio surnommée +Dream+ qui a diffusé des programmes en vue de promouvoir et d'encourager le terrorisme contre des civils et les forces de sécurité israéliennes", a précisé la porte-parole.
Deux stations de radio privées palestiniennes à Hébron accusées elles aussi d'encourager les violences, ont été fermées en novembre par l'armée israélienne.
La région de Hébron, dans le sud de la Cisjordanie occupée, est au centre des violences qui frappent Israël et les Territoires palestiniens depuis le 1er octobre.


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Peinture du dimanche

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Fatima Abdallah Loutha (Emirats arabes unis) 


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samedi 28 novembre 2015

Macabre découverte aux alentours de Sinjar au nord de l'Irak.


Un charnier entouré de mines, où se trouveraient les restes de plus de 120 personnes assassinées par l'organisation État islamique (EI), a été identifié, a annoncé un responsable samedi. Il s'agit du sixième charnier découvert près de cette ville de Sinjar depuis que le groupe djihadiste en a été chassé mi-novembre, a expliqué le responsable de la zone, Mahma Khalil.
L'EI avait pris le contrôle de Sinjar en août 2014, menant une série de massacres, d'enlèvements et de viols contre la minorité yazidie, qui constituait la majorité de sa population. L'ONU avait décrit cette attaque comme une « tentative de génocide ».

Présence de mines
De nombreuses mines ont été placées autour du site, qui abrite les restes de 123 personnes selon les témoignages de personnes ayant assisté aux exécutions, a ajouté Mahma Khalil. Les mines sont fréquemment utilisées par le groupe radical sunnite, qui a pris le contrôle de larges pans du territoire irakien l'année dernière. Elles constituent une menace majeure même après le départ des djihadistes, empêchant les déplacés de retourner chez eux.
Le charnier, situé à environ 10 kilomètres à l'ouest de Sinjar, n'a pas encore été exhumé, a précisé Mahma Khalil. Un autre charnier découvert dans la zone abriterait les corps de dizaines de femmes que l'EI aurait exécutées, selon un responsable.
Les forces kurdes, avec l'appui de la coalition aérienne menée par les États-Unis, ont chassé les djihadistes de Sinjar le 13 novembre.


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Arabie saoudite: "procédure de grâce" en cours pour le blogeur Raef Badaoui


Une "procédure de grâce" est en cours auprès du roi d'Arabie saoudite au sujet du blogueur Raef Badaoui, condamné à dix ans de prison et 1.000 coups de fouet, a indiqué samedi le secrétaire d'Etat suisse aux Affaires Etrangèrs, Yves Rossier.
"J'ai été informé que la sentence a été suspendue", déclare M. Rossier dans l'édition de samedi du quotidien de Fribourg, La Liberté, précisant avoir évoqué cette affaire lors de sa visite officielle à Ryad cette semaine.
"Une procédure de grâce est maintenant en cours auprès du chef de l'Etat, donc du roi Salmane ben Abdelaziz al-Saoud", a-t-il ajouté.
Raef Badaoui, 31 ans, arrêté en vertu d'une loi sur la cybercriminalité, a été condamné fin 2014 à dix ans de prison et 1.000 coups de fouet. Il avait reçu ses 50 premiers coups de fouets en janvier, mais cette punition avait été suspendue après une vague de protestations dans le monde.
Le blogueur a obtenu le 29 octobre le prix Sakharov pour la liberté de l'esprit décerné par le Parlement européen, qui a alors appelé à sa libération "immédiate".
La justice saoudienne, qui a ordonné la fermeture de son site internet, reproche à M. Badaoui d'y avoir publié des écrits critiquant la police religieuse en Arabie Saoudite et d'y avoir appelé à la fin de l'influence de la religion sur la vie publique.


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COP21


"En France, vingt-quatre militants écologistes ont été assignés à résidence"
"pourquoi?"
"pour vouloir perturber l'état d'urgence"
"...!?"

Al Faraby
Samedi, 28 novembre 2015


L'état d'urgence décrété depuis les attentats du 13 novembre offre un champ d'action élargi aux forces de police. Des associations s'inquiètent des dérives.

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A l’occasion de la Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien



Les Palestiniens en Syrie
de la Nakba à nos jours

Le dimanche 29 novembre 2015, de 17 h à 19 h  
34, rue des Citeaux , 75012 Paris
Métro Faidherbe-Chaligny (ligne 8)
Bus 86 (Arrêt hôpital Saint-Antoine)

La situation du camp palestinien de Yarmouk, soumis par le régime de Bachar al-Assad à une véritable campagne d’encerclement et d’anéantissement, est d’autant plus tragique qu’elle n’a pas suscité dans le monde, y compris le monde arabe, un mouvement de solidarité à la mesure de sa gravité et de ses enjeux. Cette séance de Souria Houria voudrait apporter un éclairage sur l’histoire des réfugiés palestiniens en Syrie, dont le nombre est estimée à un demi-million d’individus. En quoi leur statut juridique se distingue-t-il de celui des réfugiés dans les autres pays limitrophes de la Palestine ? Quelles ont été, de la Nakba à nos jours, les conditions socio-économiques de leur existence en Syrie ? Quels sont les ressorts et les formes de leur engagement militant, tant à l’échelle locale qu’en fonction de la cause nationale dans son ensemble ? Comment se sont-ils déterminés face au soulèvement syrien depuis mars 2015 ?

Avec :

Valentina Napolitano, Doctorante à l’École des hautes études en sciences sociales, ancienne boursière à l’Institut français du Proche-Orient (2010-2012), elle est l’auteure d’une thèse en sociologie politique, fondée sur une enquête de terrain, sur les mobilisations et les engagements politiques au sein des camps de réfugiés palestiniens en Syrie.

Et des témoignages de Palestiniens de Yarmouk.


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Syrie: le groupe EI chassé, des villageois tentent de reprendre une vie normale


Dans la cour de sa maison, Baïda, une fillette de quatre ans, griffonne sur un dépliant de consignes religieuses que le groupe Etat islamique (EI) distribuait aux habitants de son village du nord-est de la Syrie avant d'en être chassé.
A ses côtés, son père Hamdane, 39 ans, se félicite du départ de l'EI d'al-Challal à la suite d'une offensive des Forces démocratiques syriennes (FDS) qui regroupent des factions arabes et kurdes appuyées par les Etats-Unis.
"Nous sommes contents parce que nous ne les voyons plus dans notre village", lance Hamdane en regardant sa fille qui a été maquillée pour fêter le départ des jihadistes.
"Du temps de l'EI, le maquillage était interdit", ajoute ce père de neuf enfants qui n'a pas pu quitter son village durant les près de deux ans d'occupation par les jihadistes.
Lors de l'offensive lancée le 30 octobre dans la province de Hassaké, les FDS ont pris plusieurs villages avant de s'emparer mi-novembre d'al-Hol, une ville contrôlée par l'EI depuis début 2014 et située sur la route d'approvisionnement en armes et en matériel de l'EI entre la Syrie et l'Irak.
La région est toute proche de la frontière avec l'Irak, un pays où l'EI contrôle comme en Syrie de vastes territoires.
C'était la première victoire stratégique pour cette nouvelle coalition syrienne, mais aussi un soulagement pour les habitants de la région qui espèrent pouvoir reprendre une vie normale.

- Niqab ou flagellation -
Durant l'occupation des jihadistes, Hamdane était contraint de se plier aux règles strictes imposées par l'EI.
Il a été ainsi obligé d'envoyer ses enfants de moins de douze ans dans une école religieuse administrée par les jihadistes, faute de quoi il risquait "la punition et la flagellation", dit-il.
Malgré le départ des extrémistes, qui ont fui vers le sud de la province de Hassaké, Mariam Ali Ahmad les craint toujours.
Si cette femme de 42 ans peut à nouveau arborer une longue robe multicolore, l'habit traditionnel dans cette région rurale conservatrice, elle préfère cacher son visage avec le foulard qui couvre sa tête.
Elle raconte que les jihadistes fouettaient toute femme qui sortait sans l'abbaya noire et le niqab.
"La situation est relativement meilleure", dit Mariam qui précise cependant avoir beaucoup perdu lors des combats entre les jihadistes et les FDS mi-novembre.
"Nous avons quitté le village durant les affrontements. Une roquette s'est abattue sur la maison, endommageant nos réserves de nourriture. Nous avons perdu les lentilles, la farine, l'orge pour nourrir les moutons. Nous n'avons plus de quoi manger", déplore-t-elle.

- "Belles dans votre chasteté" -
Alors que l'agriculture et l'élevage représentent la source principale de revenu des habitants de la région, en plus du commerce des hydrocarbures, Hamid al-Nasser raconte l'état de désolation dans lequel se trouvent ses terres.
"Depuis deux ans, je n'ai pas pu faire des semences sur mes terres", déplore cet agriculteur de 44 ans.
Selon lui, les jihadistes ont interdit aux paysans de sortir des zones qu'ils contrôlaient, l'empêchant ainsi de se procurer des semences et du diesel pour faire fonctionner les machines agricoles.
Les signes de la présence jihadiste sont encore présents un peu partout dans le village aux maisons en torchis.
"Dans le califat, pas de pots-de vin, pas de corruption, pas de favoritisme", peut-on lire sur un mur. "Soeurs au niqab, comme vous êtes belles et merveilleuses dans votre chasteté", indique une pancarte.
Et sur les façades des salons de coiffure, les jihadistes tenaient à rappeler aux hommes qu'il était "interdit de raser la barbe ou la tailler".
Les habitants qui avaient fui à l'arrivée des jihadistes reviennent progressivement après avoir obtenu l'autorisation des FDS.
"Nous encourageons le retour de tous les habitants", affirme le colonel Talal Ali Sello, porte-parole des FDS. Des équipes de démineurs nettoient la zone où des mines et engins piégés ont été découverts.
Et en parallèle à la force militaire, les FDS oeuvrent actuellement à former une "structure politique pour gérer les zones libérées", explique le colonel.


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Egypte: quatre policiers tués par des hommes à moto près du Caire

Quatre policiers ont été tués samedi par des hommes masqués sur une moto au sud du Caire, a indiqué le ministère de l'Intérieur.
Les hommes à moto ont ouvert le feu sur une voiture de police, tuant ses passagers, avant de prendre la fuite dans un secteur entre les célèbres pyramides de Guizeh, à l'ouest du Caire, et celles de Saqarra plus au sud, poursuit le ministère dans un communiqué.
L'attaque n'a pas été revendiquée dans l'immédiat mais les forces de sécurité égyptiennes sont très fréquemment la cible d'attentats revendiqués par la branche égyptienne du groupe jihadiste Etat islamique (EI).
La plupart des attaques sont perpétrées dans le nord de la péninsule du Sinaï (est), bastion du groupe, mais la capitale égyptienne n'est pas épargnée par ces violences.
Ces attentats se sont multipliés depuis que l'armée a destitué le président islamiste Mohamed Morsi en 2013, et des centaines de policiers et de soldats ayant été tués dans ces attaques.
L'armée annonce régulièrement la mort et la capture de nombreux jihadistes mais il est impossible de vérifier ces bilans de sources indépendantes.


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vendredi 27 novembre 2015

Les bombardements vus d'en-bas

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"Dès que les sirènes retentissent les jihadistes de l’État islamique courent se cacher dans des tunnels et tranchées, ont raconté des habitants de Raqa à des journalistes"
"et eux, que font-ils?"
"les journalistes?"
"non... les habitants"
"...!?"

Al Faraby
Vendredi, 27 novembre 2015


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A Raqa, quand les sirènes hurlent, l'EI se terre


Dès que les sirènes retentissent à l'approche d'un bombardement sur Raqa, fief du groupe Etat islamique (EI) en Syrie, les jihadistes courent se cacher dans des tunnels et tranchées, ont raconté à l'AFP des habitants.
"Les sirènes installées partout sur les toits et dans les rues alertent les membres de l'EI de l'imminence d'un raid", relate Taym Ramadan, un habitant, dans un rare témoignage depuis cette cité des bords de l'Euphrate quasiment coupée du monde par les jihadistes.
"Dès qu'ils les entendent, ils fuient immédiatement leurs positions, quittent leurs véhicules et courent se cacher", poursuit ce membre de "Raqa est massacrée en silence", un groupe qui documente les abus des jihadistes.
Chef-lieu d'une province agricole, Raqa est tombée aux mains de l'EI au début de 2014.
La communication se fait par internet à l'insu des jihadistes qui ont sévèrement limité l'accès à la toile, coupant le réseau pour les particuliers et obligeant les cafés internet à leur dévoiler l'identité de leurs clients.
Face à l'intensification des bombardements français et russes, après les attentats de Paris et l'explosion d'un avion russe en Egypte, les combattants de l'EI ont développé de nouvelles tactiques pour se protéger.
"Ils se cachent dans des tranchées souterraines et ont transféré leurs bases dans les quartiers résidentiels", relève Abou Cham, un autre membre de "Raqa est massacré en silence" joint par l'AFP via internet.
L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), une ONG qui dispose de nombreuses sources sur le terrain, évoque également le déplacement d'un certain nombre de bases de l'EI vers des quartiers très peuplés.
"Ils organisent des réunions dans des tunnels, ils ont transféré les dépôts d'armes dans les quartiers résidentiels et vidé les camps d'entraînement, notamment ceux d'al-Karin et al-Itimad", souligne de son côté Hicham al-Hachimi, expert des groupes jihadistes.
"L'EI tient aussi ses réunions dans les hôpitaux et les mosquées car ils savent que ces lieux ne seront pas visés" par la coalition internationale ni par les avions russes, dit-il.
Selon les règles du droit international, les attaques militaires doivent éviter les lieux où sont concentrés des civils et les combattants éviter de se servir de ces derniers comme boucliers humains.

- Cafés internet fermés -
"Le problème c'est que les bombardements peuvent durer toutes la journée et toute la nuit, et chaque fois, les sirènes d'alarme hurlent", précise Abou Cham.
Une nouvelle épreuve pour une population déjà soumise aux nombreuses exactions du groupe jihadiste.
L'EI a récemment installé des points de contrôle pour vérifier les cartes d'identité. Selon Abou Cham, le groupe mène des descentes nocturnes dans les cafés internet.
Plusieurs de ces cafés accusés de ne pas remplir des conditions comme la séparation entre femmes et hommes ont été fermés, a rapporté l'OSDH.
Par ailleurs, les habitants doivent présenter une autorisation préalable pour pouvoir quitter les régions contrôlées par l'EI.
Accusé de crimes contre l'Humanité par l'ONU, l'EI a procédé à de nombreuses décapitations d'hommes et à des exécutions massives, a lapidé des femmes soupçonnées d'adultère et infligé des morts atroces à des homosexuels.

- Transfert de combattants -
Face aux bombardements, l'EI a également décidé de déplacer des combattants en Irak, pays voisin où le groupe contrôle de vastes portions de territoire, selon l'OSDH.
La brigade Tabouk, composée surtout d'Ouzbeks et de combattants caucasiens, a été tranférée de Raqa vers la ville frontalière de Qaïm en Irak.
Les produits pétroliers sont désormais transportés dans des conteneurs plus petits, après que des centaines de camions-citernes ont été détruits par les avions de la coalition internationale et russes à Raqa et à Deir Ezzor, selon M. al-Hachimi.
L'organisation jihadiste contrôle la majorité des champs pétroliers de Syrie, notamment dans la province orientale de Deir Ezzor.
La contrebande de pétrole lui rapporterait 1,5 million de dollars par jour (euros) lorsque le prix moyen s'établit à 45 dollars (euros) le baril, selon une enquête publiée en octobre par le quotidien économique Financial Times.
Wahington et Moscou se sont fixé pour objectif de davantage frapper au portefeuille l'EI.


(27-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Tunisie: appels à une réelle stratégie antiterroriste


Les appels à une stratégie globale contre le terrorisme se sont multipliés jeudi en Tunisie, où certains parlementaires et experts ont jugé "superficielles" les mesures annoncées dans la foulée de l'attentat suicide contre la garde présidentielle.
Mardi, au coeur de Tunis, un kamikaze de 26 ans a déclenché sa ceinture d'explosifs contre un bus de la sécurité présidentielle dont 12 membres ont été tués.
Il s'agit du troisième attentat d'envergure revendiqué cette année par le groupe Etat islamique (EI), qui a fait de la Tunisie l'une de ses principales cibles. Soixante personnes en tout ont été tuées en mars au musée du Bardo et en juin dans un hôtel près de Sousse. Le kamikaze de mardi a été identifié comme un vendeur ambulant, Houssam Abdelli, habitant Daouar Hicher, un quartier populaire de la banlieue de Tunis.
Suspecté par la police d'appartenir à des mouvements extrémistes, il avait été mis fin août en détention provisoire avant d'être libéré sur décision judiciaire, a affirmé sur Nessma TV le porte-parole du syndicat de l'Administration générale des unités d'intervention, Mehdi Chaouch, relevant de la police.
A la suite de l'attaque, les autorités ont annoncé une série de mesures: rétablissement de l'état d'urgence dans tout le pays, couvre-feu nocturne dans le Grand Tunis et fermeture pour 15 jours de la frontière poreuse avec la Libye, longue de près de 500 km.
Unanimes, partis politiques et société civile ont exhorté à "l'union nationale" et appelé à "se ranger derrière les forces de l'ordre".
Depuis mardi, des centaines de Tunisiens se sont rendus sur les lieux de l'attentat, où de nombreuses gerbes de fleurs ont été déposées. Jeudi soir, une messe a été célébrée en la cathédrale de Tunis pour les "victimes du terrorisme". "Les joies du peuple tunisien sont nos joies et ses souffrances sont nos souffrances", a dit l'archevêque de Tunis, Mgr Ilario Antoniazzi.

- 'Manque de vision' -
Mais les critiques et appels à une stratégie antiterroriste globale se sont dans le même temps multipliés.
"Notre peuple attend davantage", a lancé l'élu de gauche Ahmed Seddik au Parlement en présence du Premier ministre Habib Essid.
Plusieurs autres députés, comme Abdellatif Mekki du parti islamiste Ennahda, deuxième force politique, ont réclamé la tenue d'un congrès national sur la lutte antiterroriste, jusque-là reporté.
La veille, le Conseil de sécurité nationale présidé par le chef de l'Etat Béji Caïd Essebsi a annoncé la fermeture provisoire de la frontière avec la Libye et le "renforcement de la surveillance sur les frontières maritimes et dans les aéroports".
Il a également été décidé de doter le ministère de l'Intérieur et l'armée de 6.000 agents supplémentaires au total en 2016, d'"intensifier les opérations de blocage des sites (internet) en lien avec le terrorisme" et d'"activer la loi antiterroriste le plus vite possible".
Pour l'expert indépendant Selim Kharrat, il s'agit de "décisions superficielles prises pour rassurer une opinion publique apeurée, qui dénotent d'un manque de vision". "Quelle est la stratégie de fond? Quid de la réforme des appareils sécuritaires? Que prévoyez-vous de faire pour l'éducation et contre le chômage?", déplore-t-il.
Hamza Meddeb, chercheur non-résident au Carnegie Center, évoque un "paradoxe" tunisien.
Alors que des dizaines de policiers, militaires, touristes et civils ont été tués depuis la révolution de 2011, "une vraie stratégie nationale concertée contre le terrorisme, qui mobilise l'Etat, la société civile et les partis n'existe pas".

- Centraliser le renseignement -
Face aux critiques, M. Essid a défendu les mesures prises et assuré qu'un plan pour l'emploi des jeunes dans les régions jouxtant les montagnes -où sont retranchés des jihadistes et où chômage et misère sont prégnants- serait très vite mis en oeuvre.
Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs annoncé l'arrestation de "30 personnes suspectées d'appartenir à des organisations terroristes", après 26 interpellations mercredi.
Et le ministre de l'Intérieur Najem Gharsalli a affirmé que les Tunisiens de retour de zones de conflit feraient l'objet d'une mesure "d'assignation à résidence".
La Tunisie fait face depuis 2011 à un essor de la mouvance jihadiste et des milliers de Tunisiens ont rejoint les groupes extrémistes en Irak, en Syrie et en Libye. D'après les autorités, les auteurs des attaques du Bardo et de Sousse avaient été formés au maniement des armes en Libye.
Pour M. Meddeb, la Tunisie doit élaborer "une politique étrangère équilibrée sur la Libye et ne pas se laisser enliser dans le conflit". Il lui faut aussi développer la coopération entre armée et police pour centraliser le renseignement.
Le gouvernement a averti que l'état d'urgence et le couvre-feu seraient "strictement" appliqués, provoquant l'inquiétude d'ONG qui ont appelé au respect des libertés publiques.


(27-11-2015 - Avec les agences de presse)

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Cisjordanie occupée: un Palestinien abattu après avoir percuté en voiture des soldats


Un Palestinien a percuté vendredi avec sa voiture des soldats israéliens postés à une station de bus en Cisjordanie occupée avant d'être abattu par un civil, a indiqué la police.
"La voiture d'un Palestinien a heurté deux (soldats) Israéliens à une station de bus (près de la colonie israélienne de Kfar Adoumim, au nord-est de Jérusalem), le terroriste a été neutralisé", a précisé la police.
Les secours israéliens ont indiqué que les deux soldats avaient été transportés à l'hôpital à Jérusalem, conscients et légèrement blessés.
Selon un officier de police, le Palestinien est sorti de sa voiture après avoir percuté les soldats et a commencé à courir, avant d'être abattu par un civil israélien.
L'assaillant a été identifié par la police comme Fadi Hassib, un Palestinien originaire de Ramallah dont le frère a été abattu dimanche après avoir lui aussi percuté en voiture des Israéliens et tenté de les poignarder.
Depuis le 1er octobre, les attaques à l'arme blanche, à l'arme à feu ou à la voiture bélier, les affrontements entre jeunes Palestiniens et soldats israéliens et les violences entre Palestiniens et colons israéliens ont fait 98 morts côté palestinien -dont un Arabe israélien- et 17 côté israélien, ainsi qu'un Américain et un Erythréen, selon un décompte de l'AFP.
La majorité des Palestiniens tués l'ont été en commettant ou en tentant de commettre des attaques contre des Israéliens.
Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, appelle vendredi à un jour de colère.


(27-11-2015 - Avec les agences de presse)

"Non au terrorisme d’État d’Israël" :
http://www.petitions24.net/non_au_terrorisme_de_letat_disrael

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Fabius envisage que le régime syrien participe à la lutte contre Daech

En envisageant pour la première fois que des forces de Bachar el-Assad puissent être associées à la lutte contre le groupe djihadiste État islamique (EI), la France, qui a rompu toute relation avec Damas depuis 2012, opère un nouveau virage dans son approche du conflit syrien. Pour lutter contre l'EI, « il y a deux séries de mesures : les bombardements (...) et des forces au sol, qui ne peuvent pas être les nôtres, mais qui peuvent être à la fois des forces de l'Armée syrienne libre (opposition), des forces arabes sunnites, et pourquoi pas des forces du régime, et des Kurdes également bien sûr », a déclaré vendredi le chef de la diplomatie française, Laurent Fabius, à la radio RTL.
Le ministre a précisé par la suite dans une déclaration à l'AFP qu'une participation des forces du régime syrien ne pouvait être envisagée que « dans le cadre de la transition politique », et a répété son leitmotiv selon lequel le président Bachar el-Assad ne pouvait pas « faire partie de l'avenir de la Syrie ». Pour Paris, une collaboration avec l'armée syrienne ne pourrait donc se faire qu'une fois engagée une transition politique, transition politique qui ne peut avoir comme issue que le départ du président Assad, selon l'analyse française.
Il n'empêche : ces déclarations surprennent dans la bouche de celui qui s'est toujours montré comme le détracteur le plus farouche du président Assad, considéré comme le « boucher » de son propre peuple et la cause de l'émergence de l'État islamique. « Assad et les terroristes, c'est l'envers d'une même médaille », avait coutume de répéter Laurent Fabius.
Confrontée à la crise des réfugiés et à la menace djihadiste, la France a nettement infléchi sa diplomatie envers la Syrie depuis plusieurs mois. Les sanglants attentats du 13 novembre à Paris ont précipité le virage de la politique française, le président François Hollande annonçant clairement que la priorité absolue était donnée à la lutte contre l'EI. « Notre ennemi en Syrie, c'est Daech » (acronyme arabe de l'État islamique), avait-il déclaré devant les parlementaires français trois jours après les attentats.

Rapprochement franco-russe
La France s'est aussi spectaculairement rapprochée de la Russie, fidèle allié du régime de Damas, en reprenant à son compte l'idée d'une coopération, voire d'une coalition internationale unique pour lutter contre les jihadistes. Une proposition qu'avait faite Moscou en septembre lors de l'Assemblée générale des Nations unies, mais qui avait été rejetée à l'époque en raison de la volonté russe d'associer le régime syrien à la lutte contre l'EI.
Les déclarations de Laurent Fabius interviennent au lendemain d'un voyage en Russie du président français au cours duquel Paris et Moscou ont décidé de « coordonner » leurs frappes aériennes en Syrie contre les jihadistes de l'EI. Une telle coopération est inédite. La Russie, accusée par les Occidentaux de ne frapper que modérément l'EI et de concentrer ses opérations sur les autres groupes rebelles menaçant le régime de Damas, va s'« abstenir » de bombarder « l'opposition saine », a promis Vladimir Poutine. Tout en précisant bien que l'armée syrienne était un « allié naturel dans la lutte contre le terrorisme ». « Le président Poutine nous a demandé d'établir une carte des forces qui ne sont pas terroristes et qui combattent Daech », a précisé vendredi Laurent Fabius. « Il s'est engagé - dès lors que nous lui fournissons cette carte, ce que nous allons faire - à ne pas bombarder ceux-là, c'est très important », a-t-il insisté.
Reste que Paris et Moscou n'ont pas trouvé d'accord sur la coalition large voulue par François Hollande ni sur le sort du président Assad. « Malheureusement, nos partenaires ne sont actuellement pas prêts à travailler ensemble au sein d'une coalition unique », a répété vendredi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. Quant au sort d'Assad, Moscou répète que c'est aux Syriens de décider.
La communauté internationale a relancé une dynamique pour trouver une solution politique à la guerre syrienne, avec deux réunions internationales à Vienne, en octobre et novembre, associant pour la première fois l'Iran, autre grand allié de Damas. Une feuille de route prévoyant une rencontre entre opposition et éléments du régime d'ici le 1er janvier, la mise en place d'un gouvernement d'union d'ici six mois, une nouvelle Constitution et des élections dans les 18 mois, a été agréée.
Paris, qui a longtemps réclamé le départ d'Assad comme préalable à toute négociation, a abandonné cette exigence il y a quelques mois. Mais Laurent Fabius s'est dit confiant dans le fait qu'un processus politique aboutirait à son départ. « Il n'y a aucune chance, si l'élection est régulière, que Bachar soit élu », a-t-il estimé.


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