La phrase

"Extirper le sionisme de Palestine" (Al Faraby)


samedi 14 mai 2016

Commémoration de la Nakba en Palestine - 1948
Soutien à la résistance du peuple palestinien

Affrontements avec les forces d'occupation à Kfar Kadoum près de Naplouse le vendredi 13 mai 2016. (Afp)
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1947, les grandes puissances. (Etats-Unis, Grande-Bretagne, France, URSS) négocient à l’ONU des plans de partage de la Palestine, aboutissant le 29 novembre sur le vote de la résolution n° 181 prévoyant la création de deux Etats « Juif et Arabe » et de la zone internationale de Jérusalem. Les Palestiniens n'ont jamais été consultés (ceci étant contraire aux principes même de la charte des Nations-Unies). Le partage de la Palestine par les grandes puissances avait pour objectif la création d’un Etat colonial pour servir leurs intérêts avec comme alibi le génocide des juifs.
Dès le vote, les terroristes sionistes appliquent le plan D (Dalet). Ils tentent d’obtenir par la force toute la Palestine (déjà avant le départ de l’occupant Anglais le 15 mai 1948) et expulsent les Palestiniens qui résistent. Ben Gourion dit à l’époque (Origines et évolutions du problème palestinien1917 - 1988, ONU, New York, 1990, p301) : “ La ville neuve de Jérusalem a été occupée et les guérilleros ont été chassés de Haïfa, de Jaffa, de Tibériade et de Safad quand les forces de la puissance mandataire étaient encore présentes... La Haganah fit bien son Travail... Les Arabes ont commencé à s’enfuir des villes presque dès le début des désordres, dans les premiers jours de décembre 1947... A mesure que les combats s’étendaient, Bédouins et Fellahs se joignirent à l’exode... ”.
Dès ce partage illégitime par l’ONU, commence le nettoyage ethnique et l’expulsion des Palestiniens avec l’approbation des forces d’occupation britanniques. 900 000 personnes sont expulsées de leur terre après une résistance farouche mais sans moyens. 531 villages et 300 hameaux sont complètement rasés sous le regard de la Croix rouge internationale et des observateurs de l’ONU. Les sionistes empêchent le retour des Palestiniens sur leur terre. Cette période est une véritable catastrophe – Nakba – pour ces derniers qui ont tout perdu. C’est une société entière qui est déracinée.
Aujourd’hui, 68 ans après ; l’occupation, la colonisation, les massacres, le nettoyage ethnique, la prison et l’exil est le lot quotidien des Palestiniens. Malgré cela, il sont dans les frontières de la Palestine historique près de 5 millions qui résistent tous les jours à l’occupant et ceux à l’extérieur (près de 7 millions) dans les camps de réfugiés ou ailleurs, qui revendiquent toujours leur droit au retour sur leurs terres et dans leurs foyers d’origines spoliés ainsi que des dédommagements pour les pertes subies.
68 ans après la Nakba, les Palestiniens subissent toujours l’entité coloniale ainsi que la volonté impérialiste des grandes puissances dont la France. Cette dernière lui apporte une aide économique, militaire et politique. Aussi, les dirigeants français n’hésitent pas à reprendre les thèses justifiant le fait colonial utilisées par le Premier ministre sioniste Netanyahu, en soutenant le blocus du territoire de Gaza et qualifiant les antisionistes d’Antisémites. Ici même en France, ces arguments condamnables justifient la criminalisation des militants solidaires de la cause palestinienne et en particulier ceux qui mènent la campagne Boycott, Sanctions Désinvestissement – BDS que nous soutenons jusqu’à l’abolition du système colonial Israélien.
Il est un fait que la résolution n°181 a créé et reconnu jusqu’à aujourd’hui un seul Etat sur une base religieuse donc raciste – l’Etat juif, déclaré comme tel par les sionistes. Elle a aussi fondé le nettoyage ethnique et l’expulsion de notre peuple et son impossibilité du retour sur sa terre finalement colonisée. Pire encore, la résolution n°194 de l’ONU, votée le 11 décembre 1948, garantissant le retour des réfugiés sur leurs terres et foyers d’origines ainsi que des compensations pour les biens perdus, n’a jamais été appliquée.
La solution des deux Etats préconisée en 1947, n’a garantie jusqu’à présent que le droit de l’Etat Juif et de ses seuls citoyens juifs. Les non juifs ont été officiellement spoliés de leurs terres et de leurs biens par ce même Etat, qui, sur un autre plan, réclame la restitution des biens des juifs spoliés lors de la seconde guerre mondiale. Aussi, les non juifs n’ont pas les mêmes droits comme le démontre par exemple la confiscation des biens des « Présents-Absents » ou les 121 localités non juives, non reconnues par l’administration coloniale sioniste, situation qui entraîne la destruction de ces localités comme celle d’Al Araquib dans le désert du Naqab détruite plus de 40 fois…
La création de l’entité coloniale sioniste, n’a pas seulement instaurée une injustice fondée sur des discriminations, elle a brisée une coexistence millénaire entre les trois religions monothéistes ancrée dans la société palestinienne. Là, les Arabes palestiniens sont de confession juive, musulmane et chrétienne, comme en Egypte, en Irak, au Liban, en Syrie, au Maroc, au Yémen, dans la péninsule arabe, en Algérie, en Tunisie….. La résolution de la création des deux Etats – Juif et Arabe – est un déni de l’histoire de cette région, de son héritage et une division inventée par les impérialistes et les sionistes pour mieux régner.
Cette conception du droit et des droits des citoyens n’est pas la nôtre, comme il serait criminel d’instaurer en France une citoyenneté basée sur l’appartenance ethnique ou religieuse. Pourrait-on concevoir qu’il y ait ici des citoyens français et juifs, ou français et musulmans ou français et protestants… Ce fût le cas à certaines périodes de l’histoire de France, le résultat en a été dramatique.
C’est pourquoi, nous soutenons l’instauration d’un seul Etat indépendant – la Palestine – dans ses frontières d’avant 1948 – avec pour capitale Al Qods garantissant les mêmes droits pour tous ses citoyens. Une paix juste et durable passe par l’abrogation de la résolution n°181 de l’ONU sur le partage et le rétablissement des droits historiques des Palestiniens sur leur terre et l’égalité de traitement quelque soit l’origine ethnique ou religieuse. L’occupation depuis 1948 est la première des violences, la résistance est un droit légitime.
Nous condamnons tout amalgame et soutenons les revendications et la résistance de notre peuple pour le retour de tous les réfugiés expulsés depuis 1948 et l’instauration d’un Etat indépendant avec Al Qods pour capitale.
Nous demandons la levée du blocus de Gaza et la libération de tous les prisonniers palestiniens.

Vive la Palestine libre de la mer au Jourdain

Communiqué de l’Union d’Association de Palestiniens en France
Paris, le 14 mai 2016